Posté 24 février 2007 - 15:28
Les sondages qui baissent nous font retrouver le vrai sarkozy, menaçant et passablement énervé...
JM. Apathie raconte comment il a tenté de l'intimider à qques mn d'une interview en direct sur RTL...
"Comme chaque matin, le service d'accueil de RTL m'a prévenu de l'arrivée de l'invité. C'était un peu avant 7h30. Je suis sorti de mon bureau et me suis dirigé vers le studio, comme à mon habitude, un peu avant 7h40. Ne jamais parler avant avec l'invité, tenter de mettre le plus de sincérité, d'authenticité et de fraicheur possible dans l'entretien.
Quand je suis arrivé, Nicolas Sarkozy partageait le café avec quelques uns des dirigeants de RTL et plusieurs journalistes de la station. Il était un peu irrité, presque véhément et, me voyant venir, a reformulé ce qui, visiblement, lui tenait à coeur.
En substance, car je n'ai pas noté les propos exacts, Nicolas Sarkozy a regretté la mise en retrait d'Alain Duhamel. Un grand journaliste, un grand professionnel, a-t-il dit, un homme honnête. Et vous vous privez de lui pour une bêtise, a-t-il poursuivi, c'est à dire l'aveu de son vote dans les conditions qui ont déjà longuement été exposées ici.
Et puis, Nicolas Sarkozy a poursuivi, reprenant, je le rappelle, ce qu'il avait déjà dit à ceux qui se trouvaient autour de la table mais que je n'avais pas encore entendu. Cette mise entre parenthèse du travail éditorial d'Alain Duhamel lui a semblé d'autant plus aberrante que la station ne trouvait rien à redire à ma sensibilité de gauche qui, selon Nicolas Sarkozy est audible et visible par tous ceux qui s'intéressent à RTL, ce qui est son cas, oui, Nicolas Sarkozy a l'air d'aimer sincèrement RTL.
Je vous ai entendu avec Jean-Louis Bianco, m'a-t-il dit, le directeur de campagne de Ségolène Royal, invité de RTL en début de semaine, lundi matin. Vous étiez complaisant, a-t-il jugé. Et puis, je lis votre blog, a-t-il poursuivi, on voit bien votre sensibilité de gauche. Le tout formulé avec la force qui est la sienne, une détermination qui laisse peu de place à la réplique."
Apathie ajoute qu'à la fin de l'interview, sarkozy lui reproche sa derniere question (pourquoi aucune rue de neuilly ne porte les noms illustres de Bluhm, Jaures ?...)...
Cet humour là n'a pas du tout plu au ministre de l'interieur, qui se croit revenu à la belle époque des Peyrefitte et Poniatowski...Trop habitué aux questions complaisantes, il ne supporte dejà plus les journalistes independants...
Plus grave, cette façon d'intervenir autour d'un café sur les choix des dirigeants de la chaine ? Est ce du ressort du ministre de l'interieur de faire la composition des redactions de presse ??
Controle de la presse, de la justice (ses atteintes à l'independance des juges ont été courants ces dernieres années)...Ou va t on si cet homme parvient au pouvoir ??