Posté 26 mars 2025 - 12:38
Article du midol sur la communication de crise d ogara
La question agitait les suiveurs, samedi dernier, en lapercevant depuis les écrans géants de Deflandre se gratter la tête, mâchoire serrée, regardant les siens concéder le match nul face à Castres (12-12) sur lultime cafouillage dun succès raté et qui aurait tant bouleversé les discours : dans quel registre allait verser Ronan OGara, au moment de sacrifier à lexercice médiatique daprès-match ? Un exercice où le manager de La Rochelle fait figure de "bon client". Lun des plus commentés, aussi, de la division.
Un homme, trois options sur la table. Dans lautoflagellation, les "gros titres" et les balles perdues envers son groupe, comme après l"inacceptable" match des Rochelais du 22 février face au Racing (21-26) ? Dans lart du contre-feu, comme après le revers à Paris, une semaine plus tard ? Ou bien dans lapaisement et la positive attitude, philosophie chère à ses adjoints avant le début de la série noire en cours (6 défaites, 1 nul) ? Une grosse heure après le coup de sifflet final, cest finalement la troisième carte que "ROG" a abattu face aux micros, confirmant un infléchissement de la dureté de son discours, déjà observé avant la trêve.
Des excuses et terminées les punchlines
À vif et presque cassant un mois plus tôt, jour pour jour, allant par exemple jusquà prétendre que ses joueurs ne se battaient pas pour lui, lIrlandais sest vite rendu compte que la clé déjà utilisée avec réussite par le passé ne débloquerait pas la serrure, cette fois. Au point de sexcuser quelques heures plus tard, en privé, auprès de son groupe. Puis de rétropédaler face à la presse quand bien même il maintient que "certains ont manqué de respect au maillot" le jeudi suivant. À loccasion dune prise de parole davantage marquante dun point de vue non-verbal !
Aussi avait-il prévenu. "Ça ne sert à rien de parler. Jai parlé suffisamment cette saison. Cest pourquoi, aujourdhui, ça va être court avec vous." Neuf minutes de conférence de presse, avant le déplacement à Jean-Bouin. Express, en effet, sagissant OGara. Et au-delà de labsence de la moindre punchline, fait rare, une attitude disons étrange interpelle lauditoire. Présent face à un orateur effacé comme rarement, regard tourné la plupart du temps vers les fenêtres de la salle de presse du Macif Parc. Bref, méconnaissable, à limage de son équipe, deux jours plus tard, face à la lanterne rouge parisienne (22-17).
Regain de confiance
Samedi dernier, après Castres, son langage corporel a aussi parlé. Mais rien de comparable, toutefois. Le fond prenant nettement le pas sur la forme. Cest dune voix calme, tantôt fluette, que lancien numéro 10 du XV du Trèfle est venu porter un message despoir "dans une période hyper difficile", après avoir froidement constaté en préambule que son groupe, "même les tops joueurs", nest "pas en confiance." Or, "peu importe votre niveau dexpérience, quand vous perdez confiance, vous perdez beaucoup [] On nest pas capables en ce moment de jouer plus de six phases."
Mais ? "Aujourdhui, cétait un nouveau point de départ avec un nouveau groupe", veut croire Ronan OGara après avoir "vu des bons signes dans la semaine", celle marquant le retour au bercail des quatre vainqueurs maritimes (Alldritt, Atonio, Boudehent, Jegou) du Tournoi des 6 Nations. Assurant que ledit groupe "est soudé" et quil "ne voi (t) pas dans le vestiaire des joueurs qui vont abandonner le projet".
"Je suis conscient de la frustration avec les résultats pour un grand club comme le nôtre. Mais, avec le groupe de joueurs et le staff, je suis confiant sur le fait quon peut retourner ça. Par contre, on a besoin de changer des choses. Je nen ai pas encore parlé aux joueurs, je vais garder ça pour moi et on en parlera après Clermont." Où La Rochelle est attendue samedi (16h30, 20e journée de Top 14).
OGara, à lui-même : "Arrête de bouder"
Comment faire pour restaurer la confiance dun groupe sans sappuyer sur des victoires ? En réponse à cette interrogation posée par un confrère, "ROG" a notamment souligné limportance "de parler sans émotion, sans (regarder le) résultat." Ce qui valide un changement de cap dans sa communication de crise. Et OGara de plaider, déjà, un peu plus tôt, la positive attitude. "Je pense vous avoir déjà dit que "when it rains, it pours" (Quand il pleut, il tombe des cordes), cest comme ça Mais arrête de bouder, arrête de penser que le monde est contre moi et léquipe. Non, pas du tout, on va travailler, travailler, travailler. Ce groupe a la qualité, ce coach a la qualité dinverser les choses."
Efficace début janvier au moment de recroiser le Leinster, le meilleur match de la saison des Rochelais bien quil coïncide avec le début de la crise de résultats, cette recette le sera-t-elle face à Clermont, dès samedi, pour enfin sortir la tête de leau ? Après avoir épuisé sans succès dautres ressorts, le rendez-vous du Michelin quand bien même le club à la caravelle ny a jamais gagné dans toute son histoire a valeur de test pour celui-là, qui ressemble de plus en plus à lun des derniers encore disponibles dans la besace du manager rochelais.