En marge de l'entretien qu'il nous a accordé sur la Coupe des champions 2024-2025, Jacques Raynaud, le directeur général de l'European Professional Club Rugby (EPCR) s'est également ouvert sur le sujet de la Coupe du monde des clubs. « Le dossier avance, nous a-t-il assurés. Nous avons bouclé, avec nos partenaires du Sud, le Super Rugby et le Pacifique, le format des compétitions. »
Les acteurs des discussions se sont visiblement mis d'accord autour du principe d'une première édition au mois de juin 2028, qui se tiendrait en Europe. Y seraient qualifiés les huit meilleures équipes de la phase de poules de la Coupe des champions 2027-2028 - qui aurait lieu comme d'habitude en décembre et en janvier - les sept meilleures équipes du Super Rugby, selon le classement de l'édition 2028, et le lauréat du Championnat japonais 2028. Seize équipes au total qui se disputeraient le titre sur quatre week-ends au mois de juin.
« On a le soutien des télévisions et des sponsors pour 2028 mais il faut que ce soit financièrement viable sur le moyen et le long terme »
« On a trouvé la formule sportive qui nous permettra de répondre à cette question : qui est le meilleur club de rugby du monde, se réjouit Jacques Raynaud. Mais je ne peux pas encore vous dire que cela aura lieu car il y a plusieurs questions à régler. On a le soutien des télévisions et des sponsors pour 2028 mais il faut que ce soit financièrement viable sur le moyen et le long terme. Donc on est train de travailler sur trois éditions : 2028, 2032 et 2036. On ne lancerait pas 2028 sans certitudes sur la suite. »
« Où jouerait-on les prochaines éditions ? Quelles seraient les augmentations de recettes ? Est-ce que les diffuseurs nous suivraient au-delà de 2028 ? liste le dirigeant. Tout le monde aime l'idée, tout le monde est partant mais il faut qu'on arrive à trouver un modèle convaincant financièrement pour l'économie des clubs et viable à moyen et long terme. »
Alors que nos confrères anglais évoquaient en début de semaine une candidature commune du Qatar, de l'Arabie saoudite et des Émirats arabes unis pour organiser une Coupe du monde (des nations) à horizon 2035, le Moyen-Orient pourrait-il être un des partenaires, à la fois hôte de la compétition et mécène financier ? « Je ne sais pas », nous a assurés Raynaud.
Autre question, comment concilier une telle compétition avec un calendrier qui sera surchargé cette année-là ? Coupe du monde en Australie à l'automne 2027, marathon du Top 14, Tournoi des 6 Nations en février-mars, Coupe du monde des clubs en juin et tests de la Ligue des nations (qui verra le jour en 2026) en juillet...
« Cette année-là, tous les Championnats finiraient plus tôt, pour libérer le mois de juin, répond Jacques Raynaud. En échange de quoi nous libérons nos quatre week-ends de printemps qui correspondent à notre phase finale habituelle. Un travail a déjà été fait là-dessus. La beauté de cette formule, c'est qu'elle ne sollicite pas plus les joueurs. Nous, à l'échelle de l'EPCR, on reste sur huit week-ends de compétition par saison. »
L'enchaînement s'annonce quand même épais d'un point de vue franco-français, vu la place prise par le Top 14. Imaginer des internationaux qui, après l'enchaînement Coupe du monde-Tournoi, jouent la phase finale du Top 14 en mai, la Coupe du monde des clubs en juin et des tests en juillet (option déjà sacrifiée par le sélectionneur Fabien Galthié qui a pris l'habitude de les jouer sans ses cadres depuis 2021) relève du Tetris niveau 20.
« On a beaucoup travaillé avec les clubs français et la LNR (Ligue nationale de rugby), assure Jacques Raynaud. Quand on sera prêts, je suis certain que la Ligue voudra voir le dossier final et faire une présentation aux clubs. Dans nos premières discussions, on sent l'intérêt d'être parmi ceux qui pourraient être le premier champion du monde des clubs. Sans oublier qu'une telle compétition augmenterait la visibilité du sport, on passerait d'un truc régional à un truc mondial. Pour les clubs, ce sont de nouveaux marchés qui peuvent s'ouvrir. »